Les délocalisations, ça existe aussi dans l'agriculture! Il y a des pays qui ont , disons, les moyens. C'est la Corée du Sud, c'est la Chine, c'est la Libye avec ses pétrodollars . Et puis il y a d'autres pays, qui sont très pauvres. Leur seule richesse immédiatement monnayable, finalement, c'est leur terre : Ils la louent ou ils la vendent
Et ça donne l'Egypte qui produit du blé au Soudan . Du blé qui sera immédiatement envoyé au Caire. La Chine qui travaille des champs au Cameroun et au Mozambique. L'Arabie saoudite producteur agricole en Indonésie et le Japon aux Philippines.
Il y aurait comme ça 8 millions d'hectares détenus par des pays étrangers. C'est un phénomène qui est en train de s'accélérer.
Ces pays qui dépendent des importations sont inquiets. Vous vous souvenez du printemps dernier, de la flambée des prix du blé, du riz. Voilà, c'est risqué de se fournir sur le marché donc on cherche à sécuriser son approvisionnement donc on va produire soi même à l'étranger. Et en fait pas seulement de quoi se nourrir. Il y a aussi de la spéculation, par exemple pour cultiver des biocarburants.
Alors, bon, on peut penser que des investissements étrangers plutôt que rien du tout, ça a quand même une utilité. Mais certains observateurs parlent de néo colonialisme.